• Caroline

(FR) Une pensée pour Notre-Dame

Updated: Apr 23, 2019


L'incendie du 15 avril 2019 qui a détruit la flèche et le toit.

Notre-Dame-de-Paris est meurtrie. Mon cœur est à l’agonie.

Les images de sa flèche orange se tortillant contre le crépuscule, puis vacillant avant de disparaître dans un nuage sale de poussière et de cendres, nous ne les oublierons jamais. C’est le moment où nous avons compris, trop tard - toujours trop tard -, que ce que nous pensions être éternel était en vérité si fragile.

Le feu n’avait que faire de nos émerveillements, nos odes et nos prières. Qu’importe que sa flèche soit un compas qui mène au meilleur de l’Homme, qu’importe qu’elle soit la gardienne de notre histoire toute entière : Notre-Dame-de-Paris est comme nous, éphémère.

Ce matin, les anges pleurent et nous avons peur : si Notre Dame peut s’effondrer aujourd’hui, alors quelle autre partie de nous-même se brisera demain ? Avons-nous été attentifs ?

Dans la nuit, alors que les flammes faiblissaient, l’effroi faisait germer une puissante détermination. Se faisant, il me semble, l’écho de tous, notre Président l’a promis : « Nous rebâtirons Notre-Dame-de-Paris. »

La France sort à peine d’une saison de colère, de divisions et de destructions. L’optimiste que je suis ose espérer que cette impensable tragédie nous rappellera tout ce que nous avons en commun, tout ce que nous *aimons* en commun. Qu’elle nous fera relever nos manches et qu’elle nous unira dans un élan de reconstruction.

Que les extraordinaires savoir-faire français, mais aussi l’audace et la générosité fédérés autour de ce projet seront le baume dont notre pays a besoin. Aujourd’hui, nous sommes tous les filles et les fils des bâtisseurs de cathédrales.

En attendant cet élan, je suis comme la plupart d’entre vous : plombée par un immense sentiment d’impuissance. Le fait que j’habite au Cap, à 10 000 kilomètres de Paris, n’arrange rien. Mais même si j’avais été sur l’île de la Cité, qu’aurais-je pu faire ces dernières heures ? Pas grand-chose.

Mais à force de tourner en rond dans mon bureau ce matin, j’ai pensé à quelque chose.

En 2015, j’ai écrit un roman, que j’ai d’abord intitulé « Le cœur de Paris », pour ensuite le rebaptiser « Un Paris peut en cacher un autre ». Notre-Dame y est mentionnée douze fois. Entre autres :

Les Parisiens ignorent tant de choses sur leur ville. Qui sait, par exemple, que la Sainte-Couronne, la relique de la couronne d’épines du Christ, se trouve à Notre-Dame ?

Si le narrateur pose cette question, c’est qu’il est historien et guide parisien. Il est aussi amoureux, perdu et meurtri. Le cœur brisé, il passe une nuit à la belle étoile dans l’ombre de Notre-Dame ; c’est là qu’il trouve enfin le courage d’aller demander pardon à celle qu’il aime.

Voici mon quelque chose : j’ai décidé de reverser l’intégralité du profit sur les ventes de l’ebook (version française) ces trois prochains mois, au fonds pour la reconstruction de Notre-Dame-de-Paris.

Le lien pour acheter le livre est ici : https://amzn.to/2PoOI7A Cherchez le bandeau rouge "une pensée pour Notre-Dame".

Je partagerai les infos ici et sur mon compte Instagram : chiffres de ventes et montant de la donation, à quel fonds j’ai choisi de donner, actus sur Notre-Dame, etc.. Suivez le hashtag #lecoeurdeparis.

Voilà. C’est minuscule, c’est forcément maladroit, mais c’est *mon* quelque chose.

Partager une histoire ou un souvenir sur Notre-Dame-de-Paris, c’est aussi quelque chose. Etre attentif à notre patrimoine, c’est quelque chose. Construire ensemble en cette époque de divisions, c’est quelque chose.

Et vous, quel est *votre* quelque chose ?



Caroline